11.03.2009
Le monde perdu, Sir arthur Conan Doyle

Arthur Conan Doyle est top connu pour que je rappelle sa vie et son œuvre : je me bornerai à citer, dans la bibliographie, quelques-unes des études parmi les plus intéressantes qui lui furent consacrées. Je voudrais simplement signaler qu’il avait chez Conan Doyle, comme chez tout le monde, une double personnalité, provoquant un conflit entre la logique et l’imagination.
Les naïfs complets qui croient à tout sont aussi rares que les rationalistes rigoureux qui ne croient en rien. L’homme normal a, à la fois, besoin de raison et besoin d’évasion. Le grand psychologue suisse C.G. Jung appelait le fantastique : « Les vitamines de l’âme. »
Conan Doyle s’est manifesté d’abord par l’aspect rigoureux des aventures de Sherlock Holmes. Ces aventures l’ont rendu célèbre et on fait sa fortune. Elles ont intéressé des centaines de millions de lecteurs, dans le monde, à une branche de la logique formelle, que Conan Doyle appelle à tort la déduction, et qui est en réalité l’induction. Conan Doyle a dit lui-même que Sherlock Holmes n’était autre que son créateur. Et, en effet, Conan Doyle lui-même effectua avec succès des enquêtes policières et contribua à la libération d’innocents injustement condamnés. Voilà pour l’aspect logique.
Mais il avait dans Conan Doyle un autre aspect, qui la conduit à la fin de sa vie à s’intéresser au spiritisme, et, dès le commencement de sa vie, à écrire des contes fantastiques ou de science-fiction.
Entre les deux, de 1910 à sa mort, il s’intéressa vivement à la science-fiction comme forme d’expression littéraire. Il avait voulu devenir romancier réaliste, et n’y est pas arrivé. Il avait parfaitement réussi comme romancier historique. Il avait lu Jules Vernes et Wells et estimait pouvoir faire mieux. En 1910, il écrivit Le Monde perdu. C’était un roman de science-fiction où l’auteur imaginait que sur un plateau perdu d’Amérique du sud, les animaux géants de la préhistoire vivaient encore. Le livre eut un prodigieux succès, pas tellement en faveur en raison des qualités romanesques, qui étaient pourtant excellentes, mais à cause de l’étonnante personnalité du personnage central, le professeur Challenger. Copié sur l’irascible physicien Rutherford, le père de l’atome, Challenger était un personnage prodigieux, plus grand que la vie, projetant sa personnalité hors du livre. On le vit reparaître dans Le Ciel empoisonné, La Machine à désintégrer, L’Homme qui fit hurler le monde, Le Pays des Brumes. Puis Conan Doyle s’en lassa et créa, en 1927, le professeur Maracot. Contrairement à Challenger, Maracot n’est pas coléreux, n’assomme pas de journalistes et ne provoque pas d’affolement. Mais il a une personnalité plus profonde et peut-être plus extraordinaire. C’est un grand zoologiste spécialisé dans les poissons, mais il ajoute à sa spécialisation une culture générale et une élévation morale qui lui permettront, à la fin du livre, de se poser en porte-parole de l’humanité. (...)
Jacques Bergier
Contact: P.Clot
Les naïfs complets qui croient à tout sont aussi rares que les rationalistes rigoureux qui ne croient en rien. L’homme normal a, à la fois, besoin de raison et besoin d’évasion. Le grand psychologue suisse C.G. Jung appelait le fantastique : « Les vitamines de l’âme. »
Conan Doyle s’est manifesté d’abord par l’aspect rigoureux des aventures de Sherlock Holmes. Ces aventures l’ont rendu célèbre et on fait sa fortune. Elles ont intéressé des centaines de millions de lecteurs, dans le monde, à une branche de la logique formelle, que Conan Doyle appelle à tort la déduction, et qui est en réalité l’induction. Conan Doyle a dit lui-même que Sherlock Holmes n’était autre que son créateur. Et, en effet, Conan Doyle lui-même effectua avec succès des enquêtes policières et contribua à la libération d’innocents injustement condamnés. Voilà pour l’aspect logique.
Mais il avait dans Conan Doyle un autre aspect, qui la conduit à la fin de sa vie à s’intéresser au spiritisme, et, dès le commencement de sa vie, à écrire des contes fantastiques ou de science-fiction.
Entre les deux, de 1910 à sa mort, il s’intéressa vivement à la science-fiction comme forme d’expression littéraire. Il avait voulu devenir romancier réaliste, et n’y est pas arrivé. Il avait parfaitement réussi comme romancier historique. Il avait lu Jules Vernes et Wells et estimait pouvoir faire mieux. En 1910, il écrivit Le Monde perdu. C’était un roman de science-fiction où l’auteur imaginait que sur un plateau perdu d’Amérique du sud, les animaux géants de la préhistoire vivaient encore. Le livre eut un prodigieux succès, pas tellement en faveur en raison des qualités romanesques, qui étaient pourtant excellentes, mais à cause de l’étonnante personnalité du personnage central, le professeur Challenger. Copié sur l’irascible physicien Rutherford, le père de l’atome, Challenger était un personnage prodigieux, plus grand que la vie, projetant sa personnalité hors du livre. On le vit reparaître dans Le Ciel empoisonné, La Machine à désintégrer, L’Homme qui fit hurler le monde, Le Pays des Brumes. Puis Conan Doyle s’en lassa et créa, en 1927, le professeur Maracot. Contrairement à Challenger, Maracot n’est pas coléreux, n’assomme pas de journalistes et ne provoque pas d’affolement. Mais il a une personnalité plus profonde et peut-être plus extraordinaire. C’est un grand zoologiste spécialisé dans les poissons, mais il ajoute à sa spécialisation une culture générale et une élévation morale qui lui permettront, à la fin du livre, de se poser en porte-parole de l’humanité. (...)
Jacques Bergier
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Tiens, je l'ai lu, "Le Monde perdu", mais il y a déjà longtemps. Le livre n'a-t-il pas été éclipsé par les cycles de Pellucidar d'Edgar Rice Burroughs ? Cela dit, il déploie plus d'imagination que le "Voyage au centre de la terre", de Jules Verne, l'un des plus imaginatifs qu'ait écrits Verne, et qui reste une référence aussi aux Etats-Unis : le cinéma l'atteste.
Ecrit par : Rémi Mogenet | 11.03.2009
(Sinon, les vitamines de l'âme, c'est une bonne formule, mais il faut que les vitamines soient biologiques, sinon, gare aux effets secondaires. Tout le fantastique n'est pas sain.)
Ecrit par : Rémi Mogenet | 11.03.2009
Oui , peut-être mais les lecteurs de Conan Doyle se souviennent bien, le livre de Michael Crichton qui a écrit Jurassik Park en hommage à Conan Doyle l'a peut-être aussi éclipsé.
Il est vrai que le fantastique n'est pas toujours sain, il y a des sacrés conn... dans le genre mais un auteur français Marcastel redore le blason de cette littérature avec Frankia.
Pc
Ecrit par : P.C | 11.03.2009
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