24 Heures

31.03.2009

Je ne suis pas une légende Jacques Bergier

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Le jour de nuage, la nuit de flamme

« Maman, j’ai rencontré un général dans le square. Je lui ai expliqué toutes nos erreurs militaires en Prusse orientale, notamment celles des généraux Samorov et Rennenkamp.
Il a été très impressionné. - Mon Dieu, mon Dieu! s’écria ma mère en yiddish. Il n’a que quatre ans et il ment déjà, il affabule déjà. Quel malheur, quel malheur !»
Mais le général existait bel et bien, et il est venu à la maison le lendemain pour me parler de nouveau. ]’ai eu un certain nombre de triomphes dans ma vie, mais pas comme celui-là. Ma mère en conclut que j’étais génial. Quant à mon père, il a eu de ces paroles profondes dont il avait le secret : « Ce garçon ne fera jamais un bon épicier. » En cette année 1916, dans la ville d’Odessa, mon père avait une épicerie en gros; Odessa était la grande porte de la Russie et mon père importait des épices.
C’est dans sa boutique que j’ai fait pour la première fois, à cinq ans, l’expérience de l’injustice. Le vieux comptable de mon père avait eu le malheur de se trouver sur le passage d’une charge de Cosaques. Il est arrivé à la boutique dégoulinant de sang, et s’est écrié : « Monsieur Bergier, la force frappe sur la vérité! » je me suis dit alors qu’un jour viendrait où je frapperais sur la force au nom de la vérité.
Le nom Bergier, qui est le mien, est un accident phonétique qui s’est produit au moment de la transcription du russe en polonais. Le russe est une langue à caractères cyrilliques et le polonais une langue à alphabet latin. La transcription donne des accidents de ce genre. Il existe quelques familles Bergier en France, mais ce sont des protestants dont aucun n’a jamais
émigré à Odessa.
La famille Bergier est une noble famille, ne comptant que des juifs parmi ses ancêtres, aussi loin qu’on remonte dans le passé. Parmi les plus illustres, il y a mon grand-père maternel Jacob qui était rabbin miraculeux et mon cousin Anatole qui fut régicide et participa personnellement à l’exécution de l’empereur Nicolas II en 1919 : la vérité commençait à frapper sur la force.

Jacques Bergier

Note personnelle : Ce livre, Je ne suis pas une légende, a été publié en 1977. C'est une sorte d'autobiographie. Jacques Bergier avait dit à sa soeur en 1975 : "Isabelle, il me reste trois ans à vivre..." Isa Vichniac-Bergier lui a répondu : "Arrête de dire des bêtises !" Bergier devait partir en novembre de 1978. Si l'on connaît par le Dr Claudine Brelet les causes de sa mort, la meilleure réponse vient d'Isabelle Vichniac : "Jacques mon frère est mort de Mauthausen..."


Rien à voir avec ce qui précède :

Dans les statistiques ont peut voir un intérêt pour Claude Seignolle, Jean-Luc Marcastel et sa saga Louis le Galoup. Dans le cinquième est dernier volume de la saga, Le coeur de Tolosa, Jean-Luc me remercie de l'avoir mis en contact avec Claude Seignolle. Pour l'actualité de Jean-Luc Marcastel vous pouvez utiliser ce lien : Jean-Luc Marcastel le coeur de Tolosa